//Aissatou Sophie Gladima, ministre des Mines et de la Géologie.

Aissatou Sophie Gladima, ministre des Mines et de la Géologie.

Depuis quelques années, le secteur des Mines a replacé le Sénégal dans le concert des nations qui comptent. Une série de découvertes et de résultats d’exploitation font des mines, le principal moteur de la dynamique économique sénégalaise, aussi le secteur qui fait le plus rêver avec le potentiel qui est mis à jour, régulièrement. C’est pourquoi Aissatou Sophie Gladima, ministre des Mines et de la Géologie, s’est inscrite dans une logique de dialogue permanant avec tous les acteurs institutionnels et privés pour bien réussir la mission qui lui a été confiée, c’est-à-dire : faire du Sénégal, une référence en termes de gestion minière.

Pouvez-vous nous faire le point sur les activités réalisées depuis votre nomination à la tête du département des Mines et de la Géologie ?

Mon arrivée à la tête du ministère est une marque de confiance renouvelée de Son Excellence Macky Sall, Président de la République dont j’apprécie la valeur eu égard aux caractéristiques qui s’attachent à la mission.

D’emblée, j’ai engagé un dialogue direct avec le personnel de l’administration minière, les sociétés minières et les investisseurs pour prendre l’engagement à ne ménager aucun effort afin de répondre aux attentes des différents acteurs. Sous ce rapport, l’exigence à traiter convenablement les demandes de titres miniers, les affaires et dossiers présentés à mon département, m’impose de mettre en œuvre des réformes allant dans le sens de renforcer les capacités des différents personnels du ministère. C’est pourquoi, j’ai inscrit le dialogue, institutionnel et informel, et la formation des agents comme les principaux outils de gestion permettant des gains d’efficience. Ma porte est ouverte à tous ceux qui souhaitent contribuer à la réalisation de performances dans le secteur minier.

En ce qui concerne les sociétés minières, j’insiste à vous faire savoir que j’accorde une attention particulière à la qualité des relations entre ces acteurs et l’État. La compréhension que nous avons du partenariat entre les sociétés minières et l’État, c’est d’œuvrer ensemble pour concrétiser les engagements réciproques de renouveau du secteur minier à travers le Plan Sénégal Émergent (PSE).

Donc, mon objectif est de faire adopter les meilleures pratiques et de nouer le dialogue avec les différents acteurs pour le développement durable du secteur minier.

 Quelles sont les opportunités et les perspectives de développement du secteur des mines et de la géologie ?

Les opportunités sont nombreuses et les perspectives sont bonnes. Comme vous pouvez le constater, le sous-sol du Sénégal offre une grande variété de ressources minérales dont les plus connues sont certainement les phosphates de Taiba et de Matam, le fer, l’or et le marbre de Kédougou, et les minéraux lourds, c’est à dire le zircon, tout au long de la façade maritime. Cependant, le potentiel géologique et minier offre davantage d’opportunités à l’afflux de capitaux d’investissement pour la recherche de l’uranium, du cuivre, du lithium et autres substances minérales présentant un intérêt minier manifeste.

Pour les perspectives de développement, c’est spontanément que je cite le projet d’exploitation des mines de fer de la Falémé qui suscite bien des appétits du côté des investisseurs. Le projet du fer de la Falémé s’articule autour de quatre volets, à savoir les volets minier, ferroviaire, portuaire et sidérurgique. Aujourd’hui, avec le niveau d’avancement des principaux projets structurants du PSE, les nombreuses contraintes qui freinaient la valorisation du fer de la Falémé sont en voie d’être levées. Le financement de la réhabilitation de la ligne de chemins de fer reliant Dakar à Tambacounda est déjà acquis. Le port minéralier et vraquier de Bargny-Sendou, dont les travaux sont en cours et qui sera opérationnel au plus tard en 2021, devrait permettre au projet Falémé de franchir un palier dans son programme de développement. Enfin, le dernier acte posé pour l’exploitation du fer de la Falémé est le nouveau protocole d’accord, signé récemment avec l’entreprise turque Tosyali, lors de la cérémonie inaugurale du 2ème Forum Turquie-Afrique sur l’économie et les affaires qui s’est tenu les 10 et 11 octobre 2018 à Istanbul.

L’impact des activités minières sur les populations locales revient toujours au cœur des débats sur l’industrie minière. Quelles sont les solutions que vous envisagez d’apporter pour améliorer la contribution du secteur au développement social des communautés abritant les opérations minières ?

L’exploitation et la valorisation des ressources minérales doivent contribuer au développement local. C’est une préoccupation permanente de l’État. Beaucoup d’efforts sont fournis par les sociétés minières et l’État pour améliorer la contribution du secteur minier au développement local.

Au plan de la contribution du secteur au niveau des populations, les réalisations des entreprises minières sont nombreuses et variées. Elles interviennent à plusieurs niveaux, notamment le renforcement des infrastructures de base avec un soutien à l’éducation, la santé, l’accès à l’eau, le sport, la culture.

À la faveur du nouveau Code minier, il a été institué un fonds d’appui au développement local qui est alimenté par les sociétés minières en phase d’exploitation au taux de 0,5 % du chiffre d’affaires hors taxes. Pour les entreprises en phase de recherche, les montants annuels à verser dans ce fonds sont négociés dans les conventions minières. Ces innovations du Code minier, ajoutées à l’opérationnalisation du Fonds de Péréquation et d’Appui aux Collectivités locales devraient renforcer l’apport de l’industrie minière au développement du pays, particulièrement des communautés impactées par ces projets.

Il faut toutefois reconnaitre qu’en plus de ces mécanismes introduits dans la loi, les revenus générés par l’exploitation des ressources minérales servent à financer le développement du pays dans son ensemble puisqu’ils sont gérés selon le principe de l’unicité de caisse.

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